L’élection présidentielle aura lieu dans moins de deux semaines, et on peux dire que les candidats n’auront pas ménagés leurs efforts pour séduire les accrocs d’Internet et des réseaux sociaux…

De François Fillon à Marine Le Pen, tout les candidat ont investit les Internets avec, cependant, plus ou moins de réussite et de savoir-faire. Mais dans quel but me direz-vous ? Clairement, cette présidentielle est plus chaotique que les précédentes éditions. Les « affaires » auxquelles sont mêlés certains candidats ont semées le trouble dans l’esprit des électeurs. Ce n’est pas pour rien que les extrêmes, aussi bien à gauche qu’à droite, atteignent des niveaux historiques dans les sondages. Tout comme la part d’indécis et de potentiels abstentionnistes qui grimpe en flèche. Alors les 11 se sont mis en quête de conquérir le cœur de la jeunesse française : les 18-25 ans. Les plus indécis. La question est de savoir comment faire pour les toucher. Et la façon la plus simple de le faire est, bien évidemment, d’aller leur parler directement sur leur lieu d’échange préféré : les réseaux sociaux. Ce qui amène automatiquement une autre question : c’est quoi les réseaux sociaux ? Enfin plutôt comment ça fonctionne ? Comment on s’y fait comprendre et entendre ? Comment les utiliser pour ramener du monde ? Et l’âge du capitaine ? Voire, quand est-ce qu’on mange ?…

Blague à part, le monde numérique n’est pas, au départ, un monde fait pour les politiciens français. La plupart d’entre eux ont une moyenne d’âge de 60 ans, ne sont pas nés avec Internet et n’ont donc pas toutes les armes pour gérer les réseaux sociaux. C’est là qu’entrent en jeu les communiquant, ces hommes et femmes de l’ombre qui, en coulisses, drivent les gouvernants, gèrent leur image de A à Z, voire plus. Depuis toujours ils guident, font la pluie et le beau temps. Par exemple ont leur doit La Force Tranquille de Mitterrand, les pommes de Jacques Chirac (récupéré d’un sketch des Guignols) ou bien encore la tirade Moi Président de Hollande en 2012.

C’est aussi à eux que l’on doit réellement le nouveau visage, plus propre, du Front National, pas à Marine Le Pen qui a prouvée, encore récemment, qu’elle est bien la fille de son père (voir sa sortie sur la rafle du Vélodrome d’Hiver). Mais il faut reconnaître que, cette année, les 11 candidats ne s’en sortent pas tous très bien avec les réseaux sociaux. Différence de budget ? Possible. Mauvais choix de communiquant ? C’est certain. Si Mélenchon, Macron et consorts sont les nouveaux Cyprien et Squeezie, les Lassalle et autres Poutou sont clairement en retard. On peux presque les classer en deux groupes.

Les 5 favoris

S’il fallait désigner un champion de la communication sur le Web, cela serait sans doute Jean-Luc Mélenchon. Depuis 1 an le candidat de la France Insoumise s’est adjoint les services de la spécialiste la plus réputée de sa génération dans le domaine du web-marketing. Sous ses ordres, il est même devenu l’un des youtubers français les plus en vue du moment. Facebook lui sert de relais pour ses différentes apparitions dans les médias traditionnels et Twitter est une caisse de résonnance, une version digitale de ce bon vieux mégaphone utilisé dans les manifs. Seul Instagram et Snapchat manquent à l’appel. A cause de leur caractère trop éphémère peut-être… Emmanuel Macron est un inconditionnel de Twitter. Nul doute que son âge joue en sa faveur, et le côté dynamique du piou-piou bleu doit correspondre au mouvement que souhaite imprimer à En Marche. Facebook est un peu délaissé, tout comme Youtube. Marine Le Pen, quant à elle, passe rarement son temps sur les différents RS, trop avant-gardistes, pas assez vieille France sans doute. Mais, intelligemment elle a délégué cette tâche à quelques community manager mais surtout à ses lieutenants. Très au point, Florian Philippot manie les tweets avec efficacité et talent. Seul hic : ce talent n’est l’apanage que du seul Philippot dans la garde rapprochée de la leader frontiste. Les autres, Axel Lousteau en tête, multiplient les dérapages et les bad buzz. Dommage. Pour finir, François Fillon et Benoit Hamon me font l’effet de deux bons élèves trop sages pour être réellement au courant de la puissance des réseaux sociaux. Non pas qu’ils soient totalement à la ramasse, loin de là, mais on devrait leur expliquer que Facebook et consorts ne servent pas uniquement à mettre des liens vers d’autres sites. Ce qui leur ôte leur restant de crédibilité quand on les vois chanter sur tout les toits qu’ils ont compris que le numérique c’est l’avenir et qu’ils y pourvoiront…

 

Les autres candidats…

Je dois reconnaître que Philippe Poutou m’inspire une profonde sympathie. J’aime beaucoup sa façon de remettre au goût du jour un discours prolétarien qui aurait fait fureur en 1920. J’aime sa façon de se réjouir d’avoir fait un buzz un soir devant la bande à Fifi-llon et de comprendre dès le lendemain matin qu’il y a quelque chose qui s’appelle Internet et que cet Internet s’amuse de son buzz de la veille. Et Poutou de s’émerveiller devant une vidéo qu’il tourne pour parodier son passage chez Ruquier, comprenant enfin l’utilité de la chose tel le ravi de la crèche présidentielle. Et que dire du respectable Jean Lassalle, berger de son état (ndlr : je ne critique pas, je suis moi-même petit-fils de paysans) et à qui on a fait croire qu’il fallait ouvrir deux sites de campagne quasi-identiques basés sur des versions de WordPress aussi ouvertes à tout les hackers que la bergerie en ruine de mon grand-père est ouverte aux quatre vents… Ceci dit, sa fraîcheur d’esprit et son accent magnifique ont régalés les internets pendant quelques temps. Mais pas forcément dans le bon sens…

Nathalie Arthaud et Jacques Cheminade ont choisi de n’assurer que le service ultra-minimum, préférant sans doute frayer avec Karl ou bien préparer la colonisation éclair de Mars. Dommage, ça aurait put etre drôle. Mais je décerne le prix de la plus grande darka à Nicolas Dupont-Aignant. Distilant timidement quelques tweets non-dénués de style sur son compte Twitter, Nico décida, un jour couleur de printemps, d’accepter l’invitation de Cyril Hanouna pour participer à TPMP. Et là, c’est le bon choix. Tonton Nico se prît pour le cousin Lulu au mariage de ma cousine. Lulu, à 03h48 du matin, il était tellement rond comme une queue de pelle qu’il arracha une douzième fois la jarretière de la mariée avec les dents en faisant tourner les serviettes. Et comme il était filmé, votre serviteur mit la vidéo en ligne dès le lendemain et le nombre d’abonnés du cousin explosa. Ben Nicolas Dupont-Aignant c’est pareil. Une apparition tout sourire entre Jean-Michel Maire et Enora Malagré, deux ou trois catch-phrases du genre « Hollande il est rassrah de chez rassrah » et le tour était joué, la jarretière entre les dents. Et son nombre d’abonnés augmenta en flèche. Mais pas sa place dans les sondages. Dommage Tonton, c’était bien joué.

Conclusion

D’un point de vue purement geek, je dois reconnaître que je suis dubitatif devant cette élection 2,0 car, au fond, on peut légitimement se demander si nos politiciens souhaitent vraiment réduire la fracture numérique et nous permettre de continuer à rattraper le retard que nous avons sur les USA. Ceux-là même qui assurent comme des bêtes sur Facebook préfèrent maîtriser des outils américains pour conquérir la France du numérique plutôt que de faire confiance aux projets qu’elle fait naître…